Qu’est-ce que la performance ? C’est un résultat, une réussite, un résultat chiffré, mesuré en temps, en distance ou en score à l’issue d’une épreuve ou d’une compétition mais pas seulement. Le modèle de Gibert (1980) décrit la performance dans une relation entre les objectifs visés, les moyens pour les atteindre et les résultats obtenus. La mesure de la performance est alors réalisée selon trois axes : la pertinence (le rapport entre les objectifs initiaux et les ressources pour les atteindre), l’efficience (le rapport entre les résultats obtenus et les ressources utilisées) et l’efficacité (le rapport entre les résultats obtenus et les objectifs initiaux). On peut dès lors parler d’optimisation de la performance en appliquant cette optimisation sur chacun des trois axes. Dans le cadre d’une démarche d’évaluation équestre, l’analyse de la performance vérifie que le cavalier réalise de façon effective et pertinente (les bons gestes), de façon efficiente (rapidement, au bon moment) pour produire les résultats fixés ou attendus et donc répondre aux attentes (de la compétition ou tout simplement de la bonne conduite). 

Si l’on veut analyser cette performance, il faut donc prendre en compte tous les paramètres, toutes les composantes qui ont permis d’établir cette performance. De ce fait on bascule donc vers une analyse tactique, physique, psychologique et de données qui peuvent aller jusqu’à l’ultra détail.

Différentes études soulignent que l’utilisation de la vidéo, permet aux élèves d’atteindre plus rapidement les buts qu’ils se sont fixés. Cette efficacité peut se comprendre notamment par le fait qu’elle favorise un retour sur l’action (feedback). L’analyse des vidéos initiales apportera facilement des solutions car une fois la cause identifiée, on peut ensuite se concentrer sur l’étude des éléments qui bloquent la progression. La vidéo des solutions apporte la clarté du but : le support visuel vient compléter les consignes et évite les incompréhensions grâce à une visualisation simplifiée des problèmes. Elle est donc une aide précieuse pour maximiser les résultats des entraînements en identifiant les points faibles à corriger et les points forts à exploiter. Plus concrètement, la vidéo permet d’améliorer la capacité d’assimilation, de compréhension et d’exécution. Elle contribue enfin à rendre le cavalier acteur de ses apprentissages. Il peut choisir ses stratégies de progression au regard de l’analyse de sa pratique. Toutefois, comme le soulignent plusieurs auteurs, l’impact sur les compétences et la technique sera d’autant plus positif si la vidéo est accompagnée de commentaires appropriés.

« Le néophyte ou celui qui ne se sent pas compétent dans l’activité refuse bien souvent ou tremble à l’idée, de se voir. Malheureusement, sans cette prise de risque, ce regard sur sa prestation, les progrès ne peuvent qu’être que limités » (Olivier Perrocheau).

La vidéo, en tant qu’outil de conservation de mémoire et de visionnage répété et différé, peut offrir une plus-value, permettant d’échapper aux regards déstabilisant des autres.
En effet, pensé comme moyen de rompre avec le regard des autres et perçu comme étape d’apprentissage, ce dispositif permet de construire sa compétence à son rythme pour ne pas se retrouver incompétent face aux autres.

La vidéo donne la possibilité pour l’élève d’être confronté à sa propre image. Si cette possibilité n’est pas nouvelle, elle est aujourd’hui bien plus facile d’accès, ne nécessitant pas un matériel important ou onéreux et des compétences informatiques particulières. En effet, avec un ordinateur, ou une simple tablette, voire un smartphone, le cavalier aura un retour sur sa performance, ce qui participera  au développement de l’auto-évaluation et de l’auto-détection de l’erreur en lui accordant  un temps suffisant pour mettre en relation les feedbacks intrinsèques (ce qu’il ressent)  et extrinsèques (ce qu’il voit ou entend) avec les solutions proposées en vidéo.

Ce dispositif va donc permettre à l’élève, sans perte de temps, de se revoir afin de pouvoir se corriger. Si cela constitue une réelle plus value, nous sommes toutefois convaincus que cette analyse vidéo à posteriori de l’action, se doit d’être accompagnée d’une analyse exécutée  par un expert  sous peine de demeurer peu efficace. Celui-ci  guidera l’élève et l’incitera à porter son attention sur le ou les points importants.  A la fois sur sa prestation mais aussi sur les exercices proposés.

L’objectif visé ici est d’offrir au cavalier une plus grande autonomie et de développer son sentiment :

  • Rendre ses progrès visibles et former son œil.  
  • L’amener à juger sa prestation afin de travailler certaines compétences. 
  • Transformer sa technique de façon lisible.
  • Le rendre autonome dans la leçon et dans la séquence en s’appropriant les procédés proposés dans les solutions afin de travailler certaines compétences.

L’imitation est un moyen de faire progresser le cavalier qui doit bien évidemment posséder les capacités physiques de reproduire ce qu’il voit. Inutile de penser qu’une vidéo d’un cavalier de haut niveau réalisant un magnifique appuyer sera exploitable par un élève qui n’aurait pas encore construit les habiletés intermédiaires lui permettant d’accorder ses aides.

Le support vidéo serait donc vecteur d’apprentissage à condition de respecter certaines précautions :

  • Le feedback que l’on définira ici comme une rétroaction kinesthésique (sensations), orale, visuelle est au cœur de tous les apprentissages.
  • On sait en outre que le feedback est rentable s’il est proche de l’exécution.
  • Schéma, photo, vidéo seront à cette occasion des moyens privilégiés de gagner en clarté et de gagner du temps lors d’une pratique autonome autour d’un projet précis. Le temps de pratique sera alors rentabilisé.

Toute réalisation étant stockable, elle pourra être utilisée et réutilisée. La différenciation des contenus et des démarches fait alors nécessairement appel à des stratégies liées à l’autonomie dans le travail. Chacun travaille selon son programme, son niveau, même sur une solution identique.

L’élève acteur et maître de son apprentissage ne se sent plus impuissant et peut intervenir sur ce qu’il est, se transformer, réussir, grâce aux feedbacks précédemment cités. Il se sent alors maître du jeu et apte à progresser.

L’image aide le cavalier à modifier son comportement et à formuler les règles d’action qui l’ont conduit à la réussite, lorsqu’il est confronté à l’exécution de figures isolées ou enchaînées compatibles avec ses ressources.

La vidéo est bien entendu l’image la plus aboutie pour étudier une technique gestuelle. Elle permet en effet de traiter le réel et de comprendre un résultat grâce à la possible rediffusion d’une prestation intégrale, en jouant sur la vitesse d’exécution, en arrêtant temporairement l’image sans la sortir de son contexte, en l’annotant par incrustation… Mais une image numérique ne se suffit pas à elle même. Quelles que soient les bonnes intentions du professeur, si cette image n’est pas commentée en fonction de la spécificité de l’activité, de l’objectif recherché, elle ne sera pas bien reçue par l’élève. Il en interprétera les intentions selon ses représentations.

Si ce genre de projet est souvent réalisé dans les milieux fédéraux grâce à des soutiens logistiques avancés, il n’a jamais été mené dans le cadre de cours, qui plus est sur le long terme. Cette époque est révolue ! La possibilité de capturer une vidéo en direct sur le disque dur d’un ordinateur offrent une opportunité inattendue de s’engager dans des stratégies pédagogiques innovantes, motivantes tant pour le professeur que l’élève !

Alors rejoignez-nous sur E-Riding Solutions !


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